Friday, 27 October 2017

Allaiter quand maman est malade

Anaïs, 22 ans, maman au foyer
"Un mois et demi après mon accouchement je suis tombée malade. Je souffrais de douleurs au ventre très fortes et je vomissais sans cesse, je ne tenais plus debout. Je finissais tous les 2 à 3 jours aux urgences. Le docteur, là-bas, « pensait » à un ulcère, il m’a donc demandé de stopper l’allaitement qui n’était pas compatible avec le traitement qu’il souhaitait commencer à me donner. J’ai refusé, car je ne comprenais pas qu’on puisse me dire d’arrêter l’allaitement alors qu’on n’était pas sûr de ce que j’avais. De plus c’était très dur pour moi l’idée de devoir déjà arrêter, je ne pouvais le concevoir et j’aurais eu du mal à m’en remettre.
Donc j’ai résisté, j’ai été très mal vu pas ce docteur qui me disait que j’étais complètement inconsciente et qui faisait tout pour me culpabiliser. Mais j’ai bien fait de résister car après m’avoir fait une échographie, ils se sont aperçus que je faisais des coliques hépatiques. J’ai donc dû subir une opération pour me faire retirer la vésicule biliaire. Sofiane avait à ce moment là 2 mois. Je n’ai pas pu l’allaiter durant 6 jours suite aux produits et médicaments qui passaient dans mon lait après l’opération. J’ai donc tiré mon lait chaque jour au tire-lait électrique pour stimuler la lactation. De retour à la maison, la reprise a été extrêmement éprouvante; Sofiane ne voulait plus se fatiguer à téter (le biberon ça coule tout seul !) et j’avais l’impression de ne plus avoir de lait. J’étais triste et je ne pouvais pas me faire à cette idée. Alors je buvais des litres d’eau, prenait du Galactogyl, je continuais à tirer mon lait au tire-lait et je mettais Sofiane au sein sans cesse. 4 jours après, le cauchemar était terminé!!! Sofiane s’est sevré à 3 ans et 2 mois."

Myriam, 29 ans, enseignante-documentaliste

"Après une hémorragie de la délivrance, j'ai dû partir en service de réanimation, pendant que Nathanaël partait pour celui de néonatalogie. Séparée de mon bébé, dans un état confus, je ne pensais même plus à l'allaiter, jusqu'à ce qu'une infirmière du service - qui allaitait son enfant de 7 mois - me glisse que ce projet était toujours envisageable et m'apporte un tire-lait pour stimuler la lactation. J'ai fait connaissance avec Nathanaël 3 jours plus tard, lui ai donné un biberon de lait industriel qu'il prenait bien. Guidée par l'instinct maternel, j'ai continué à exprimer mon lait, à le jeter, jusqu'à ce que tout effet de médicaments incompatibles avec l'allaitement ait disparu. Au bout d'une semaine de vie, j'ai mis Nathanaël au sein. Il a trouvé les réflexes de succion du mamelon tout de suite. Comme la montée de lait était retardée, que la quantité de lait produite était insuffisante pour le rassasier, il prenait en complément du lait industriel. En privilégiant la mise au sein fréquente et systématique aux deux seins, beaucoup de repos, sous le regard bienveillant du papa, Nathanaël à 3 semaines s'alimentait uniquement au sein. Forts de cette réussite, cet allaitement intégral s'est poursuivi jusqu'à ses 5 mois 1/2, puis en complément de la progressive diversification alimentaire. A 18 mois, d'un commun accord, nous avons arrêté cette riche expérience. Je suis intimement convaincue que cette relation maternelle, ce rapprochement physique et psychologique nous a permis de tisser les liens forts dont nous avions été privés à la naissance."

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