Friday, 27 October 2017

Allaiter un prématuré

Allaiter un prématuré:

Christelle, 25 ans, enseignante
" Jeanne est née très prématurément, à 29 semaines d’aménorrhées.
Quand on m’a demandé "voulez-vous allaiter?", j ’ai demandé : "c’est possible?". J’avais du mal à y croire. Après quelques péripéties avec le tire-lait (car comme toujours, personne ne vous explique comment cela marche), j’ai réussi à récolter mes premières gouttes. Quelle joie de se dire c’est génial il y en a ! Et quelle déception quand on voit qu’il n’y a que 5 ml. Angoisse aussi quand on se dit que c’est sûrement à cause d’une mauvaise utilisation du tire-lait et qu’on n’a pas eu de montée de lait car personne pour expliquer comment cela se passe.
Jeanne dans sa couveuse, le contact est limité, c’est dur, mais il faut tirer car c’est le seul moyen pour qu’elle puisse survivre. Alors on se dit qu’il faut essayer de tirer toujours plus que ce qu’on peut lui donner dans la journée. Les mises au sein précoces j’y ai eu droit à 1 mois à l'hôpital où Jeanne est née, avant mon transfert près de chez moi. Après plus rien jusqu’au jour où elle devait apprendre, début difficile pour ce petit bout qui se fatigue énormément et qui n’arrive pas à comprendre que maintenant c’est à elle de téter. Je regrette que les hôpitaux de “campagne” ne puissent être un peu plus et mieux informés sur ce qui se fait dans les grands hôpitaux parisiens. Une mise au sein pour le plaisir d’être au sein c’est du bonheur, du réconfort pour le bébé et la maman (il n’y a rien de mieux pour restimuler la montée de lait), même si l’enfant n’a pas encore soi-disant le réflexe de déglutition.
Début difficile car comme c’était un petit poids et qu’elle ne grossissait pas assez, le docteur m’a dit que mon lait n’était pas adapté à un bébé prématuré contrairement à tout ce que j’avais pu lire et contrairement à ce que ma belle-sœur sage-femme. Résultat un complément sur les 8 rations. De quoi baisser la quantité de lait et la motivation.
Difficile d’y croire quand petite Jeanne ne prend que 10g au sein et q’il faut compléter 40g autrement, difficile aussi d’accepter qu’il faut réveiller son bébé toutes les 3 heures pour qu’elle mange et que sinon après cela décale tout pour le service de néonat. Mais malgré tout j’ai fait confiance à Jeanne, à la nature et j’ai beaucoup lu. Un ouvrage qui m’a redonné espoir et que je peux conseiller : L’allaitement de la naissance au sevrage de Marie Thirion : un chef d’œuvre quand on a besoin de comprendre ce qui s’y passe pour avoir du lait. Après, c’était facile sauf quand on est très fatiguée, qu’on est énervée et que bébé n’est pas dans son environnement.
Pour résumer mon allaitement, j’ai envie de dire que quand on est motivée, qu’on se sent soutenue et qu’on n'a envie que de cela (c’est aussi dans la tête que cela se passe), allaiter un bébé prématuré c’est difficile, c’est vrai, c’est un vrai challenge, mais un challenge qui vaut le coup...."

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