Friday, 27 October 2017

Démarrer l'allaitement

Témoignage de Florence
Il me faut d’abord préciser qu’à l’époque où j’attendais mon premier enfant, j’avais plusieurs fois remarqué des affiches parlant de réunions autour de l’allaitement, mais persuadée que l’allaitement était quelque chose de naturel, je n’y avais pas donné suite, pensant, à tort, que cela se ferait tout simplement. Bien mal m’en avait pris. Mon premier garçon, Gabriel, est né le 22 janvier 2005. L’accouchement ultra rapide (les contractions ont commencé à 1h du matin, nous sommes partis de notre domicile à 5h30 et Gabriel est né à 5h55 dans la salle de monitoring de la clinique S.!) a empêché un premier contact, dont j’ignorais, à l’époque, l’importance.
N’ayant pas accouché dans la salle ad hoc, l’équipe a très vite emporté mon bébé pour réaliser les premiers soins. Je l’ai récupéré après, pour quelques temps de peau à peau. A ce moment-là, sous le coup de l’émotion, je ne me suis pas étonnée plus que cela que Gabriel ne cherche pas à téter. C’est dans les heures et les jours qui ont suivi que les difficultés sont apparues. Je n’arrivais pas à le mettre dans une position adaptée, si bien que des crevasses doublées d’un engorgement m’ont fait souffrir. J’ai un mamelon assez mal formé (il ne ressort pas) et Gabriel n’arrivait pas à le prendre. Epuisé, il s’endormait. J’ai entendu toutes sortes de choses, de personnes différentes. Comme il perdait trop de poids, on m’a donné des biberons de complément. Et les trois premières nuits, il a également reçu des biberons. J’ai vraiment été à deux doigts d’arrêter. Ce n’est qu’au quatrième jour, que j’ai eu la chance qu’une auxiliaire de puériculture, sympa et compétente, prenne son service et me donne conseils et courage pour reprendre cet allaitement si mal commencé. Et dès le lendemain, Gabriel tétait !
Rentrée à mon domicile, j’ai eu quelques difficultés : Gabriel ne réclamait pas toutes les trois heures et je m’inquiétais ! Il tétait parfois pendant plus de ¾ d’heure, etc… J’ai fini par contacter la PMI. Et c’est ainsi que j’ai eu la visite à mon domicile d’une puéricultrice. Elle est restée près de 3h, répondant à toutes nos questions, nous parlant de son propre vécu, calmant inquiétudes et angoisses. Je lui dois beaucoup. J’ai pu allaiter Gabriel pendant 6 mois. Je travaillais à temps partiel. Et la nounou acceptait de donner à mon fils le lait que je tirais. Mais petit à petit, en particulier parce que je ne pouvais pas tirer mon lait au travail (je travaillais dans un collège et je n’avais ni lieu ni temps à ma disposition pour le faire), j’ai eu du mal à « assurer » la fourniture des quantités suffisantes pour les journées chez l’assistante maternelle. J’ai donc commencé à le sevrer, en ne conservant plus que les tétées du matin et du soir. C’est au cours du mois de juillet, que Gabriel a découvert d’autres aliments et à la fin du mois il ne tétait plus. Même si j’avais adoré ces tendres moments de tête à tête, si j’étais ravie plus qu’heureuse quand je le voyais rassasié et ravi, j’ai éprouvé une sorte de soulagement à arrêter. Ces 6 mois avaient été l’occasion d’entendre tant de choses que j’avais besoin de couper court à tous ces discours.
La première année de vie de Gabriel a été, pour mon mari comme pour moi, l’occasion de grands bonheurs mais aussi une année passée avec un sentiment de malaise indéfinissable, comme si nous n’arrivions pas à trouver nos marques dans ce qui « devait être fait ». Un peu comme si le « vêtement de parents » que nous devions enfiler nous gênait aux entournures. Quand j’ai été enceinte de mon deuxième garçon, j’ai traversé une difficile période dépressive où toutes les émotions étouffées depuis la naissance de notre premier enfant sont revenues à la surface, de manière assez violente. Il m’a fallu du temps pour dépasser cela, me concentrer sur ce nouvel enfant. Et c’est avec enthousiasme que Patrice et moi avons décidé d’opter pour un maternage différent de celui qu’on nous imposait. Il était devenu pour nous évident que nous devions nous faire confiance, suivre notre instinct, faire notre propre chemin. Alix est né le 18 juillet 2006, toujours à la clinique S. Malgré un projet de naissance aussi peu respecté que possible ( !), j’ai pu mettre très vite au sein mon bébé, qui s’est chargé de me faire comprendre qu’une faim de loup le tenaillait !
Nous avons passé du temps tous les deux. Nous avons pu rentré assez vite chez nous et nous organiser comme nous le souhaitions. C’est ainsi qu’Alix a dormi avec nous pour faciliter les petites pauses nocturnes. Il a très vite repris du poil de la bête et grossi d’1kg700 le premier mois ! Aujourd’hui, à 14 mois passés, Alix est encore allaité. Diversifié depuis l’âge de 7/8 mois, il râle dès qu’il n’a pas son « câlin du soir » ! Comme je n’ai plus un travail extérieur, j’ai pu répondre à ses nombreuses demandes, sans que cela soit trop compliqué à gérer. L’allaitement nous rend d’autant plus de service que nous avons récemment découvert que le petit loup était allergique au lait de vache. Selon les jours, il tète entre 2 et 4 fois. La période d’apparition des premières dents a été un peu difficile à gérer, mais avec de la persévérance, nous avons réussi à le résoudre. Le plus difficile reste encore les réflexions de notre entourage sur cet allaitement prolongé…

 

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